Avant de commencer à maçonner, il faut d’abord comprendre comment sont bâtis nos murs et leurs propriétés (et leur histoire).
Le pisé est une technique de construction très répandue en Rhône-Alpes jusqu’à l’après-guerre et l’avènement du ciment.
Un habitat se repose sur des fondations cyclopéennes, un assemblage de chaux et de sable banché auquel on ajoute des pierres. Les fondations des maisons sont relativement peu profondes, voire parfois directement posées sur le sol.
Sur ces fondations, un soubassement en pierre et mortier à la chaux, qui fait entre 50 cm et 1 m de haut, est monté. Son but est notamment de contenir les remontées capillaires. Il est donc capital que le premier mètre du mur soit composé uniquement de matériaux perspirants pour favoriser la dispersion des remontées capillaires. Dans une vidéo, un artisan habitué à travailler dans le bâti ancien recommandait, si le budget ne le permettait pas, d’au moins libérer ce premier mètre des enduits ciment.
Enfin, sur ce mur de pierre, on vient bancher (faire un coffrage) qu’on va remplir de terre argileuse ou/et limoneuse (chez moi la terre est plutôt limoneuse qu’argileuse) sur 15–20 cm de haut et on va ensuite tasser cette terre avec un pisoir. On peut facilement voir les traces du banchage, vu que sur les façades non enduites on retrouve des trous de quelques centimètres qui traversent le mur et qui servaient de points d’ancrage.
Il y a également des points en chaux entre les différentes banches.
On peut voir sur la photo ci-dessous un schéma qui présente les différentes strates et les techniques employées.
Le pisé, en plus d’être une méthode traditionnelle, a plusieurs avantages et inconvénients.
C’est un matériau perspirant, ça veut dire qu’il peut capter l’humidité dans l’air et la relâcher au besoin.
Pour en bénéficier, il faut cependant utiliser des matériaux qui sont perspirants aussi. Le ciment, le plâtre, le placo et beaucoup de matériaux modernes sont donc à limiter le plus possible.
Si le pisé est enfermé, on peut voir apparaître des désordres comme du salpêtre à cause des remontées capillaires, de l’humidité dans la maison, les murs peuvent être fragilisés et s’éroder avec l’humidité (ou les infiltrations). Il convient donc d’utiliser des matériaux perspirants comme la chaux.
Le pisé est un mauvais isolant (le DPE fera la tête), mais il a une très bonne inertie thermique. Il est donc facile de conserver des températures acceptables pendant une canicule. Je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante sur l’isolation d’une maison en pisé. Outre la mise en place de correction thermique avec des banchages de chaux/chanvre, les autres techniques ne me paraissent pas acceptables. (Il est par exemple souvent fait mention d’isolation extérieure avec de la laine de bois, mais j’ai du mal à voir comment l’eau dans les murs et le bois ne finissent pas par pourrir (ou pire…))
Le pisé résiste très bien à la compression mais assez peu aux autres contraintes. Il est très facile de faire un trou dans un mur à la main en le grattant, par exemple.
Sources:
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Pis%C3%A9
- https://www.alliance4.fr/uploads/fiches/documents/fondations_et_semelles_cyclopeennes.pdf
- https://www.apte-asso.org/a-voir-ou-telecharger/eco-construction/les-fondations/fondation-cyclopeenne-chaux
- https://www.youtube.com/watch?v=IVWR6TXvqHM
Image: Par Grégoire Paccoud — photo taken by Grégoire Paccoud, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=335209
